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Grands Ducs

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LES GRANDS DUCS
France , 1996
M6 Film, Zoulou Films, Lambart Productions, Centre Européen Cinématographique Rhône-Alpes, Cofimage 7
  8,00

Vote dvdfr

Vote public

L'avis du public : 8,00 / 10 (1 votes).

8 / 10 Josquin Humbert
15 décembre 2005

On ne peut pas dire que le cinéma français de ces 15 dernières années nous ait confortés de son image. Il y a bien sûr des exceptions : Ridicule; Cyrano; Delicatessen; Bernie; La Crise; Les truffes; Lautrec, et quelques autres dont les Grands Ducs.
Comment ne pas se prendre d'amitié pour ces trois zigotos guettant depuis des années le succès sans y parvenir ? Jean Rochefort pétille, entre hidalgo de pacotilles et clown surréaliste, à l'occasion se surprenant à revivre sa jeunesse d'Apollon. Philip Noiret joue celui qui y croit, se bat pour toucher les étoiles et finalement retomber, faisant de son mieux dans l'illusion du sommet. Le duo fougueux / ramollo ne serait pas complet sans un énervé de service, un gueulard qui vanne sévère et remet en place de qui de droit : Jean-Pierre Mariel. Ses soufflantes régalent avec sadisme le spectateur qui aimerait tant, lui aussi, courser le voisinage masse en main, et casser les petits qui se sentent l'obligation de fournir des conseils si importants qu'ingérables.
La mise en scène a quelque chose de radieux dans son rythme, rappelant les comédies françaises vieille école où chaque minute apportait son lot de surprises. Patrice Leconte sait nous emporter dans l'univers clos des acteurs méconnus, qui ne cessent de galérer. Pas d'état d'âme ou presque, mais au fond une tendresse envers les choses insignifiantes de la vie, autour d'un ridicule et d'un réalisme de personnages sans masques.
Cette ironie sombre de l'envers du décor, bariolée d'incongruités, de caricatures, l'est au point qu'une scène rend hommage au Fantôme de l'Opéra ( à la différence près que Michel Blanc ne parvient pas à tuer Catherine Jacob avec la chute d'un lustre ). L'esprit routard d'une tournée théâtrale est respecté, ce qui fait que l'histoire vibre, trucule au gré des lieux visités, de même que les rivalités entre acteurs engendrent quiprocos, audaces, coups de gueule et situations loufoques.
Un film distillé jusque dans la plus infime émotion, titillant notre humanité.
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