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INFLUENCES
People I Know
USA, Allemagne , 2003 Myriad Pictures, South Fork Pictures,
Galena/GreeneStreet Films, Chal Productions, In-Motion AG,
WMF V
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| 6 |
3,00 |
Vote dvdfr |
Vote public |
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Edition simple DVD pour ce film courageux qui n'hésite pas
à dénoncer les magouilles politico-financières du charity
business et dépeint une société (américaine mais pas
seulement) en plein pourrissement. Clans, lobbies,
organisations secrètes lovées dans des lupanars pour
libertins puissants et jet setters boutonneux, voilà le New
York d'"Influences". Pas étonnant alors que le film n'ait
été privé des honneurs d'une sortie en grande pompe. A
classer dans la catégorie des oeuvres qui dérangent.
L'insuccès du film et le peu de moyen dont il a bénéficié ont
certes privé l'éditeur d'un édition spéciale ou collector.
Néanmoins, sans aller jusque là, on aurait bien aimé que TF1
Vidéo fasse preuve d'un peu plus d'audace et d'ingéniosité (à
l'image de l'oeuvre) en suscitant d'autres suppléments qu'une
conférence de presse misérablement tronquée. Il faut pourtant
s'y résoudre. "Influences" fait partie de ces films
sacrifiés. Que ce soit au cinéma ou en DVD, son sort lui a
été réglé...
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François Chollier :
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"Influences" n'est pas une simple dénonciation gentillette
de bon ton dans le gotha hollywoodien pour rappeler à l'ordre
(avec toute la courtoisie nécessaire) les puissants de ce
monde. "Influences" est un véritable brûlot à l'encontre du
pouvoir le plus dangereux et le plus absolu : celui qu'on
sent mais qu'on ne voit pas. Direction, les alcôves (au sens
littéral comme au sens figuré) des clans, lobbies et
organisations secrètes pour en prendre la température et
savoir ce qui s'y passe. Ce qui en ressort est... à gerber.
Corruption, malversation, trafics d'influences, chantage,
prostitution et meurtre... dans la très haute, on ne plaisante
pas ! Et tout ceci sur fond de charity business... utilisée
comme justification de cette gigantesque mystification. Jon
Robin Baitz, avec toute la verve d'un Tom Wolfe, livre un
scénario noir, dense, intense épinglant les sphères
d'influences New Yorkaises. Inutile d'ajouter qu'à travers la
symbolique New Yorkaise, c'est le lobbysme dans le monde
entier qui est visé.
Il fallait du cran pour montrer les "initiés" comme de
vulgaires parasites tout juste capables d'allocutions
dogmatiques et de complots d'antichambre. Et plus que du
courage, de la finesse pour démasquer ces hommes d'Eglise que
le culte de la personnalité à perverti et travesti en "faux
prophètes". Pourtant, au travers du scénario, Baitz montre
qu'il reste attaché à cet idéal altruiste porté par le héros.
La Bovary, c'est Flaubert, Eli Wurman, c'est Baitz !!! Le
compromis aux lèvres, la star à portée de main, Eli,
antihéros avoué entame une longue et douloureuse descente aux
enfers, jettant ses ultimes forces dans la bataille pour
obtenir une rédemption. Perdu, fatigué, humilié, l'homme
désespère de retrouver un jour ce qui le fera vibrer à
nouveau. Défendre les droits civiques aux côtés de Martin
Luther King aura été pour lui la consécration. Aujourd'hui,
il n'y a plus de Révérend King. Le constat est amer, on ne
peut qu'en observer hélas la justesse... La solution :
continuer de se battre tant qu'un souffle de vie nous anime
encore. Baitz y croit dur comme fer et le montre en peignant
un héros acharné à faire triompher la tolérance et la
générosité, coûte que coûte !
Empêcher les expulsions d'immigrés clandestins, voilà qui
doit se placer au-dessus de tous les combats. Et pourtant,
sur les rives de la gauche caviar (New Yorkaise
uniquement ?), on est trop occupé à se faire la guerre.
L'enjeu : savoir qui aura le pouvoir et qui ne l'aura pas !!!
Voilà le pitch d'"Influences". Au centre du film, ces
luttes intestines. Mais alors que filme-t-on ? Des Gentils ou
des Méchants ? Ni l'un ni l'autre, on filme l'humain dans ce
qu'il a de plus grand (sa générosité, sa loyauté, sa
tolérance... ) et ce qu'il a de plus petit (sa mesquinerie, sa
perversité, son goût du pouvoir... ). Sur la balance en juste
équilibre, des personnalités bigarrées que le passage à
l'acte dérange. Oui à l'engagement moral, peut-être à
l'engagement physique, non à l'abnégation. C'est en cela que
Baitz excelle : montrer quelle genre de cause finalement ces
gens (que connaissent Eli) défendent : la leur. Vous avez dit
film noir ? Vous êtes encore en dessous de la vérité. "Influences"
est un film sans espoir apparent dans lequel le
triste jeu du "je te tiens, tu me tiens par la barbichette"
finit pas écoeurer les esprits les plus volontaires. Jon
Robin Baitz (le scénariste) et Daniel Algrant (le
réalisateur) passent au scanner le tissu socio-politique du
monde et lui découvre un cancer... le pouvoir... phase
terminale... plus rien à faire si ce n'est de garder espoir en
une vie meilleure après celle-là !
Pour soutenir, cette vision, Daniel Algrant a réuni un
casting de grand talent. A commencer par Ryan O'Neal,
éblouissant en acteur vieillissant, à moitié véreux, dévoré
par des ambitions sénatoriales. Bill Nunn, savoureusement
charismatique en pâle copie de Martin Luther King. Richard
Schiff, son alter ego 50% juif 50% franc-maçon, 100%
manipulateur et... lui aussi, ballotté entre ses ambitions
personnelles et celles de voir progresser les valeurs
d'ouverture et de tolérance auxquelles il a toujours crû. Téa
Léoni, magnifique en starlette accro au sexe et à la drogue,
vaguement portée sur l'espionnage et le chantage. Kim
Basinger, merveilleuse en veuve éplorée de ne pouvoir sauver
l'homme qu'elle aime. Et pour clore cette distribution qu'on
n'aurait pu rêvée mieux appropriée, l'élément moteur du film,
la pièce maîtresse de cet intriguant puzzle, Al Pacino. Dans
ce rôle sur-mesure de publicitaire à bout de souffle, Pacino
réalise l'une de ses plus extraordinaires performances. Faire
aimer au public un antihéros, n'est-ce pas impossible selon
les standards hollywoodiens ? Et pourtant, véritable "Mad
Max" lancé sur la piste de ces sphères d'influences, Al
"Eli" Pacino devient très rapidement attachant. Rôle
sur-mesure, savoir-faire de l'acteur, passion pour le sujet,
immersion complète dans la peau du personnage... en homme
orchestre, il suspend le spectateur à la partition de ces
sentiments, et dirige le concert de manière magistrale !
On regrettera une réalisation plate, sans envergure, très
vite submergée par la force du propos. La Fête, le
lupanar,... figurent parmi les scènes prometteuses les plus
ratées du film. Algrant, sans doute terrorisé autant par la
foule que par le plan séquence manque totalement
d'imagination et reproduit une mise en scène cent fois vue et
revue. Ne parlons pas de découpage, champ / contre champ est
tout ce que Daniel Algrant s'autorise. C'en est au point où
on se demande s'il n'a pas tout simplement réalisé "Influences"
pour la télévision. Heureusement, l'assassinat
de la starlette ou le face à face avec Le Révérend Blunt
fournissent assez d'intensité pour relancer la machine.
Toutefois, l'ensemble, vite pesant (par son bavardage et sa
répétition) trahit les espoirs d'un scénario très (trop) bien
ficelé. Dommage ! La forme n'est clairement pas à la hauteur
du fond.
Il vous faudra surpasser ce handicap pour découvrir ce qui se
cache derrière "Influences". Un diamant brut qui montre la
voix de l'autre cinéma américain... celui qui pense, celui qui
libère. Tout droit venu de Sundance, "Influences" est une
bouffée d'oxygène qui fait sens. Le refus catégorique de
s'accommoder d'un système mafieux, castrateur et pervers
demeure la fondation indispensable à toute démocratie digne
de ce nom. Dans une société dépourvue de valeurs et de
repères, "Influences" fait figure d'oeuvre
nécessaire !!!
          Sauf rares exceptions, les packagings TF1 Vidéo brillent
rarement par leur beauté et leur originalité. Celui d'«
Influences" ne fait malheureusement pas exception à la
règle. Typo basique, photos–ektas statiques et accroche
racoleuse. Difficile de montrer un désintérêt plus explicite
pour le titre. Néanmoins, une fois la galette insérée, il en
va tout autrement. Menus animés, sonorisés à l'aide de la
très belle musique du film et transitions soignées entre les
menus... là aussi une spécialité de l'éditeur.
Côté Image, c'est presque un sans faute. Côté son, c'est
quasi la perfection... si l'éditeur est complètement passé à
côté de sa jaquette, il se rattrape en soignant techniquement
son édition DVD. On se prend alors à rêver à une édition
certes peu fournies mais impeccablement ficelée jusqu'à ce
que... jusqu'à ce que nous pénétrions dans la caverne aux
suppléments qui au-delà de la misère sent la débâcle.
Etonnant pour un éditeur qui nous a habitué à beaucoup,
largement, infiniment mieux...
          Une conférence coupée à l'arrache, une bande-annonce en VO et
VF... autant dire pas grand-chose voire rien à se mettre sous
la dent. Côté bonus, c'est le désert, le néant. Pourquoi ?
Parce qu'encore une fois, "Influences" dérange. Pacino
résume l'état d'esprit général à propos du film en déclarant
que "dans les années 70, les studios se pressaient pour
réaliser ce genre de film et qu'aujourd'hui, on préfère les
laisser au cinéma indépendant". Ce n'est pas une simple
question de règles cinématographiques, c'est avant tout une
question de sensibilité politique. Le réalisateur ajoutera
"ce n'est qu'un film". Peut-être mais il faut croire
que le cinéma n'est pas seulement un Art, il est devenu un
media puissant, vecteur d'idées et d'idéaux. Peut-on
aujourd'hui encore y parler de tout ? Le débat est
ouvert.
La Conférence de Presse de Sundance (29'45 - VOST)
En dépit de questions intéressantes et d'une volonté
manifeste de l'équipe de vouloir y répondre, la conférence de
presse ne parvient jamais à décoller. C'est long, c'est plat,
c'est très mal filmé et à peine monté. Ni les journalistes
présents, ni l'équipe du film ne semblent vouloir aller au
fond des choses. Oui, le film est politique. Pourquoi
distille-t-il le propos avec tant de force. Comment
interpréter certains passages. Qui a servi de modèle pour
Carry Launer ? Qui est Sharansky ? On effleure à peine la
diatribe à l'encontre des "initiés". On se contente de
porter 2 ou 3 coups de pattes sur la politique des studios.
On ne brosse aucun tableau politique de l'oeuvre. Tout ça
passe gentiment à la trappe. Tout ce que le réalisateur peut
nous livrer d'"Influences" se résume (en caricaturant à
peine) à "ce film n'est qu'un film". Traduisez
"oeuvre de fiction pour divertir le public". On sent, on sait
qu'"Influences" vaut mieux qu'un épisode de Hollywood Night
alors faudrait peut-être arrêter de se voiler la face et
clairement pointer ce que le film dénonce. A ce titre, au
lieu de s'appesantir longuement sur un Pacino aussi
nostalgique que cabotin, on aurait préféré entendre plus de
précisions de la part de Jon Robin Baitz, scénariste et
écrivain à qui l'on doit l'amère noirceur d'"Influences".
On n'en aura pas le temps. La conférence de presse est
abruptement coupée... qu'y a-t-il derrière ??? A vous de
l'imaginer... pour le coup l'éditeur déçoit... lui aussi
amèrement !!!
Bande-annonce (1'40 – VF ou VOST)
Livrée avec une très belle qualité de son et d'image, vous
aurez le choix de l'écouter en VF ou en VOST. Ca n'est pas
grand-chose, c'est 3 fois rien, mais ça fait tout de même
partie de ces petits plus de la vie très appréciables. Outre
ses qualités techniques, la bande-annonce d'"Influences"
est très bien montée et rythmée. Elle n'en montre ni trop ni
trop peu et monte peu à peu en intensité. Bref, voilà une
bande-annonce qui donne envie de voir le film.
          Peu de choses à reprocher à l'image, exception faite de plans
sombres légèrement granuleux mais rien de bien méchant. Lieux
obscurs, lumières glauques, alcôves sirupeuses, toutes les
ambiances sont ici très bien rendues, histoire de clairement
marquer le territoire d'"Influences", film noir par
excellence. A noter les passages fréquents de l'ombre à la
lumière qui produisent à chaque fois l'effet escompté ;
aveugler le spectateur.
Côté compression, c'est du beau travail... néanmoins facilité
par l'extrême simplicité (pour ne pas dire le dépouillement)
d'une réalisation mieux appropriée à la télévision. Hormis
quelques très rares séquences (comme celle de la réunion des
initiés jouant sur l'ombre et la lumière), Daniel Algrant
s'enferme dans un simplisme académique qui sacrifie détail de
l'image et profondeur de champs à l'action principale de la
scène.
Par conséquent, la compression n'a aucun mal à suivre. Seul
le contraste aura été le véritable challenge de l'édition. Un
challenge que l'éditeur n'aura pas eu de peine à relever. TF1
Vidéo réussit même à restituer la nuance des dominantes
bleutées de l'image. Quant aux tâches, bruits, coulures et
crénelages... on oublie. Encore une fois, le travail est de
qualité !
          Côté son, c'est également du très beau travail car outre la
présence d'une VOST et d'une VF en Dolby Digital 5.1
d'excellente qualité, on peut apprécier une piste DTS
5.1... en VOST s'il vous plaît. Que demander de plus. Une VF
en DTS 5.1 peut-être ? Car on se demande franchement ce qui a
pu empêcher l'éditeur d'en mettre une.
Et là, je vais très certainement choquer un très grand nombre
d'entre vous mais voilà un film (exception qui confirme la
règle) qu'il est plus appréciable d'écouter en VF. D'abord,
parce que le doublage d'Al Pacino figure parmi les meilleurs
qui soient. Ensuite, parce qu'écouter la voix traînassante de
Pacino en anglais finira très vite par vous fatiguer. A
signaler la très belle performance de l'artiste qui imite à
la perfection l'accent sudiste... mais quoi qu'il en soit, à
la longue, ça devient usant !!! Enfin, parce que la VF est un
poil plus pêchue que ses homologues anglaises.
Techniquement, le choix du DTS demeure néanmoins le plus
satisfaisant puisque doté d'une richesse et d'une profondeur
sonore inégalables. La bande-son est ostensiblement le point
fort du film et permet de tirer intensité et émotion de
chacune de scènes. Le DTS exploitera pleinement les plages
musicales jusqu'à faire vibrer les notes jusque dans vos
entrailles (cf la sublime scène de fin).
Bonnes "Influences" ciné. Excellente projection
DVD !
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