24 jan 2000 — Jim, ce DVD s’autodétruira dans quelques secondes… Jiiim,
dépêche-toi de voir la fin, le disque s’effrite… JIIIIMMM
!!!
Mission accomplie. Une entreprise nord-américaine vient de ressortir le
spectre du DIVX, en proposant un nouveau modèle économique pour le marché
de la location : le DVD “biodégradable” (mais sans le “bio”), qui se décompose
un peu de temps après son utilisation.
L’idée vient de SpectraDisc,
une compagnie spécialisée dans les technologies laser. Sa solution consiste
dans l’application d’une résine spéciale sur la surface du disque, avec une
durée de vie limitée. A travers le rayon laser, la lecture du disque déclenche
une réaction chimique, qui effrite totalement la résine au bout d’un certain
délai (2 ou 3 jours). Lorsque le processus est terminé, le DVD est totalement
illisible, bon pour la poubelle.
Tout comme le DIVX, cette technologie (encore sans nom) est destinée
uniquement au marché de la location. Dans un article de
1282,
le responsable de l’entreprise est convaincu qu’ils ne vont pas
commettre les mêmes erreurs du DIVX, car le système est totalement compatible
avec les lecteurs actuels, et il nécessite aucune gestion online des droits à
la Big Brother.
Soit. Mais l’idée du disque qui se décompose, génère plus de questions que de
réponses. Et l’annonce a été accueilli plutôt froidement dans le milieu
home cinéma.
Cette solution s’appuie sur le fantasme du “retour du produit” ; ou, plutôt, à
la philosophie d’entreprise qui affirme que les consommateurs sont une bande
d’idiots, qui aiment restituer un produit à la location avec le même plaisir
que de se rendre chez le dentiste. Et, à l’instar du DIVX, il pose un problème
de la pollution de l’environnement, avec la perspective de dizaines de
millions de disques cadavres, qui s’empileront sur les kits de connexion
internet obsolètes. Les executifs de SpectraDisc peuvent toujours demander
aux résidents de la Bretagne du Sud s’il est plaisant de se retrouver avec
des hydrocarbures et des produits non biodégradables sur la plage…
Le système pose une question à laquelle même “Mission: Impossible”, n’a jamais
daigné répondre. Que se passe t-il lorsque le disque s’autodétruit dans le
lecteur de Jim ? Est-ce qu’il libère des substances qui vont endommager la
machine ? Sont-elles toxiques pour l’homme ? Que se passe t-il si un enfant
prends la carcasse d’un disque de Jim, et le met à la bouche ?
Et ne parlons pas du stress chez le consommateur. On imagine déjà la scène :
- - Chérie, viens vite, il ne nous reste que 25 minutes pour voir la fin !
- - Amour, je suis occupée. Tu ne peux pas le mettre en pause ?
- - Non, je sens déjà un odeur bizarre, il commence à se décomposer !
- - Viens-vite m’aider, j’ai toujours rêvé de voir la fin du film
- - Chérie, il y a de la fumée qui sort du lecteur ! Qu’est ce que je
dois faire ? Chérieeee !!!!