25 jan 2000 — Dans un souci d’impartialité, nous avons contacté à plusieurs
reprises le DVD CCA, pour écouter le point de vue de l’industrie
du DVD
Le champagne a coulé à flots dans les bureaux du MPAA, l’association qui
regroupe les intérêts des Majors hollywoodiennes. En moins de 24 heures,
le juge Lewis A. Kaplan de l’état de New York et le juge William J. Elfving
de Santa Clara ont accordé la plupart des requêtes de l’industrie du DVD. Dans
les deux cas, les juges ont accordé une injonction préliminaire, qui oblige
les responsables des sites Web sur le banc des accusés à retirer toute copie
de DeCSS de leurs sites.
Le MPAA considère d’ores et déjà que ces décisions préliminaires constituent
une victoire capitale dans la protection des biens protégés sous copyright.
Dans sa déclaration publique, Jack Valenti, le PDG du MPAA, n’a pas caché sa
joie : “Le verdict du juge Kaplan est une grande victoire pour la communauté
artistique, les consommateurs et les détenteurs de copyrights partout dans le
monde. Je pense que cette décision est une claire leçon à l’encontre de
quiconque envisageait de voler les droits intellectuels. Ce verdict est aussi
la preuve que, lorsque le Congrès américain a approuvé le Digital Millennium
Copyright Act en 1998, il a offert à la communauté artistique un outil très
efficace, qui nous permettra de défendre nos droits”.
A la différence de la procédure de Santa Clara, le MPAA s’est appuyé sur le
Digital Millennium Copyright Act, en soulignant que - d’après les Majors - le
fait de poster une copie de DeCSS sur un site équivaut à un vol pur et simple.
“Ceci est un vol. La publication de la formule qui permet le décryptage des
DVD n’est pas différente du fait de distribuer des doubles des clefs de la
porte d’un supermarché”, avait d’ailleurs déclaré Jack Valenti au début de la
procédure.
Les injonctions préliminaires des deux juges sont le premier round d’une
bataille légale qui se poursuivra dans les tribunaux pendant les semaines à
venir. Dans les deux cas, les juges ont toutefois refusé d’accéder à la
requête d’élargir l’injonction aux sites qui se contentaient de poster des
liens vers des copies du DeCSS. A l’instar, aucune décision n’a été prise à
l’encontre des discussions techniques sur les mérites ou démérites du CSS.
dvdfr.com a contacté à plusieurs reprises le DVD CCA (le plaignant du cas de
Santa Clara). Après un contact initial, nous avons sollicité une déclaration
de John Hoy, le PDG de DVD CCA, et une réponse à quelques questions. Ces
réponses ne sont pas parvenues en temps pour ce dossier, donc nous ne
connaissons pas les réactions de cet organisme sur l’affaire, en plus des
déclarations publiques jointes à la plainte originale.
Lorsque nous recevrons les réponses de DVD CCA, nous les publierons dans un
article ultérieur, ou nous updaterons ce texte.